1 000 gendarmes et policiers mobilisés à Annaba pour éradiquer les noyaux durs de la délinquance
Algérie – Le rapprochement entre les deux corps de sécurité, police et gendarmerie, ne peut avoir que des résultats positifs pour le citoyen dans le cadre de la lutte contre la criminalité sous toutes ses formes. D’après les responsables de ces institutions, “la coopération sera renforcée pour aller au-delà du simple cadre des opérations coup-de-poing et s’étendre ainsi sur plusieurs volets, notamment les échanges d’expérience et de renseignement”, indique-t-on.
L’esprit d’une coopération des plus étroites entre la police et la gendarmerie se dresse désormais telle une exigence de l’heure qu’il faudrait absolument satisfaire afin d’aboutir à une meilleure maîtrise des agissements des criminels.
Il est fréquent, en effet, que les réseaux criminels tirent grandement profit des espaces laissés sans la moindre couverture de sécurité dans le sillage du partage des zones de compétence propres à chacun des ces corps. Cela dit, et pour revenir à l’opération “coup-de-poing” actionnée dans la soirée de mercredi dernier dans la ville d’Annaba et dans d’autres quartiers environnants, celle-ci s’est traduite par l’interpellation de quelque 830 individus soumis pour examen de situation.
La même opération qui a vu un déploiement massif des effectifs et moyens dont disposent autant la police que la gendarmerie est, précisons-le, la première du genre depuis l’installation du nouveau DGSN, en l’occurrence le général-major Abdelghani Hamel, successeur de feu Ali Tounsi à la tête de la police algérienne.
La même opération matérialise aussi cette instruction recommandée par le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, qui a tant insisté dans l’une des ses déclarations récentes sur le renforcement de la coopération et de l’esprit de coordination entre les différents corps de sécurité. Au niveau de la wilaya de Annaba, les responsables en charge de la sécurité, relevant aussi bien de la gendarmerie que la DGSN, affirment que la coopération en question est un précepte bien établi depuis longtemps déjà. Preuve en est, “la multitude des opérations coup-de-poing organisées suivant une moyenne de deux mensuellement”, affirme le chef de la Sûreté de wilaya de Annaba.
Ce qui aide grandement, poursuit le même responsable, à l’instauration d’un esprit de quiétude générale de façon de plus en plus progressive, fait-on remarquer. À ce propos, le lieutenant-colonel Barour Sahraoui expliquera que beaucoup sont des touristes en partance vers la Tunisie et qui renoncent à rejoindre leur destination première une fois imprégnés de la sérénité régnant dans la ville d’Annaba. Connaissant très bien les endroits criminogènes empestant la ville de Annaba, les gendarmes et les policiers, qui ont été mobilisés au soir de mercredi dernier dans le cadre de l’opération coup-de-poing évoquée plus haut, ont pu arrêter une trentaine de personnes en l’espace de quelques heures seulement.
L’on retrouve, entre autres, parmi ces personnes arrêtées, des individus au nombre de huit dont quatre femmes surprises en flagrant délit de pratique de prostitution. Autre cas de flagrant délit résolu par les services de sécurité, une tentative de vol de téléphone portable appartenant à une jeune femme. Onze autres personnes ont été quant à elles appréhendées pour le motif de mandat d’arrêt délivré par la justice à leur encontre, tandis que sept autres l’ont été pour détention et consommation de drogue et cinq autres pour port d’arme prohibée.
Le nombre assez important des endroits ciblés, six secteurs au total, et couvrant presque la totalité de la périphérie de la ville, a été appuyé par une couverture aérienne. On a pu vivre en direct l’opération d’identification et d’interpellation. Selon des éléments des services de sécurité ayant pris part à cette opération, c’est surtout “l’aspect psychologique et dissuasif qui devait primer par rapport aux résultats”. Chose qui se confirme d’ailleurs dans les différentes déclarations des citoyens rencontrés qui ont tenu à saluer l’opération. Parmi eux, ces jeunes scouts de Baraki qui campent pour la sixième année à Chtaïbi. “On a choisi cette ville pour son calme et la sécurité, on reçoit des familles qui viennent d’Alger et arrivent tard la nuit”, ont-ils déclaré.
Alors que prendre la route menant vers les plages de Chetaïbi était jadis considéré telle une mésaventure très risquée à cause de l’insécurité. C’est dans ce même endroit qu’un chef de brigade de la gendarmerie ainsi qu’un P/APC accompagné de son adjoint ont été assassinés dans un faux barrage par des terroristes.
La région est sécurisée aujourd’hui. Des détachements de gendarmerie et de la garde communale ont été implantées dans les forêts et les montagnes d’Edugh. Les deux responsables de la gendarmerie, le lieutenant-colonel Barour et de la police, le commissaire divisionnaire Benchikh, présents sur les lieux, ont tenu justement à préciser qu’il est “nécessaire pour les différents services d’assurer leur présence et par la même occasion mettre les citoyens en confiance d’autant que la région reçoit des touristes étrangers, des émigrés et même des estivants de plusieurs wilayas”.
Bône ne dort pas et les services de sécurité idem.
“C’est une lutte permanente”, nous dira plus tard le chef de compagnie de la gendarmerie de Berrahal, le commandant que nous avons accompagné lors de cette sortie nocturne. Vers 23h, l’animation est à son comble. D’autre part, les habitants ne semblaient pas être dérangés outre mesure par les descentes effectuées dans la soirée de mercredi dernier.
Il ont d’ailleurs tenu à saluer “cet esprit de vigilance permanent des policiers et gendarmes à Annaba”. Nous poursuivons notre randonnée et remarquons, curieusement, que des cafés et restaurants, boutiques et magasins sont encore ouverts et l’on semble veiller tard, mais l’on est guère bruyant. Six barrages routiers mixtes ont été installés dans plusieurs points et des véhicules suspects sont passés au peigne fin même au niveau des parkings. La fatigue se fait sentir vers 1h du matin, c’était la fin de l’opération et nous rentrons de “la sortie mixte où gendarmes et policiers ont travaillé en équipe. Cela permet une meilleure collaboration à l’avenir”.
source: Liberte
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