Air Algérie: 50 millions de dollars pour la maintenance et la sécurité
Air Algérie met le paquet et accorde toute la priorité à la maintenance et la sécurité aérienne. C’est ce qu’a déclaré, hier, à la Radio chaîne III, M. Darsouni, directeur du bureau de la sécurité des vols de la Compagnie nationale comme pour mettre un terme, ou, du moins, soulager l’appréhension provoquée, depuis peu, par une série de crashs qui se sont produits dans plusieurs pays du monde et qui ont concerné des compagnies réputées pour la fiabilité de leurs avions et de leurs installations. En 2010, le bilan est très lourd. Le nombre de crashs a atteint 7 contre 27 en 2009. Un chiffre qui, d’après un spécialiste, reste relatif et tributaire des heures de vols.
Selon le représentant de la compagnie, la sécurité aérienne est une des priorités d’Air Algérie qui, précise-t-il, prévoit dans son budget une enveloppe de 50 millions de dollars. Ce budget est consacré à la maintenance et à l’entretien des avions de manière à éviter toute défaillance technique « l’éventualité de rallonge peut aller jusqu’au double de ce budget initial, et ce, en cas de nouvelles obligations introduites par l’OACI et que nous devons exécuter dans l’immédiat », précise-t-il. La maintenance est réglementée par des décrets, des lois et des annexes de l’OACI.
La prise en charge de la sécurité aérienne chez Air Algérie englobe, selon le responsable, plusieurs aspects. En plus de la maintenance, elle se manifeste aussi dans l’entraînement et la formation des personnels.
D’après les statistiques internationales, pas moins de 60 % des accidents sont liés au facteurs humains, à savoir les erreurs d’interprétation faites par des pilotes surmenés ou trop têtus. Aussi, 10 % sont dus à la maintenance, 5 % à la météo, aux aérodromes, aux moyens de navigation et à certains équipements d’aéronefs. La compagnie dispose d’un programme de prévention des accidents qui est, atteste M. Darsouni, issu d’une réglementation internationale et basé sur les rapports des commandants de bord et le dépouillement systématique des enregistrements des boîtes noires. « Les compagnies aériennes sont astreintes à diffuser toutes les informations liées à un quelconque accident pour en tirer des enseignements. C’est ce qu’on appelle un partage d’expérience dans notre jargon » explique-t-il.
L’avion, qui manifeste une quelconque défaillance technique, est immédiatement cloué au sol. « Le commandant de bord a l’aptitude de refuser un aéronef s’il estime que sa sécurité est en cause ». Toute réparation est faite avec l’accord du constructeur. « Nous n’avons pas le droit d’intervenir sans l’aval du constructeur. Nos maintenanciers sont formés pour l’action et pas l’invention ou le bricolage ». M. Darsouni rappelle qu’Air Algérie a décidé, en 2004 et quelque temps après le crash de Tamanrasset d’immobiliser tous ses avions soit une quarantaine de 737-200 et 727-200. « L’immobilisation a été faite d’un coup alors que l’acquisition fut graduelle et par étapes ce qui a provoqué un déficit d’aéronefs ». Situation qui a engendré des pertes allant jusqu’à plus d’une dizaine de millions de dollars… Air Algérie a, tout de même, tenu le coup !
Ceci dit, le représentant d’Air Algérie tient à préciser qu’une flotte vieillissante n’est pas forcément synonyme d’insécurité « au contraire, ça engage des dépenses en plus pour la maintenance et des pièces de plus en plus rares à trouver. Il ne faut pas faire l’amalgame entre vieux avions et avions qui ne sont pas surs ». Le certificat de navigabilité, une fois acquis, garantit la fiabilité de l’avion qui fait l’objet de plusieurs contrôles. La moyenne d’âge de la flotte d’Air Algérie balance entre 5 et 7 ans. Elle est certifiée et dotée d’équipement moderne de sécurité.
source: Elmoudjahid
Belformation.com est le portail de la 





