Créer son parti politique en Algérie

Publier le 1.03.10

Algérie – Chose qui n’est pas de tout repos que de vouloir créer son parti politique. Si en théorie, la constitution algérienne consacre ce droit à tout citoyen algérien jouissant de ses droits civiques, l’actualité en est tout autre. Pour preuve, nombreux dirigeants algériens se sont aventurés à former une formation politique en vain.


Mohamed Saïd rompt le silence et recourt aux colonnes publicitaires de la presse pour s’exprimer sur la situation dans laquelle se trouve son parti, le PLJ. Le parti de la liberté et de la justice qui vient de fêter son premier anniversaire depuis l’annonce, en janvier 2009, soit trois mois avant les élections présidentielles, n’est toujours pas agrée et risque de mourir avant même d’être né.  » Fait du prince  » comme le déclare-t-il ou simples « soucis de formalités administratives » comme le soutient Nourredine yazid Zerhouni ? Mohamed Saïd est persuadé d’un cas d’abus de pouvoir.

Il dénonce ce qu’il qualifie de « tergiversations du ministère de l’intérieur et des collectivités locales » en refusant de « cautionner le fait accompli pour ne pas se rendre complices de l’immobilisme politique, de la décadence morale, de l’incompétence dans la gestion administrative et du développement de la corruption encouragée par l’impunité ». Il cloue au pilori, institutions, partis politiques et parlements et organisations des droits de l’homme s’interrogeant sur la capacité des uns et des autres à assumer toutes leurs prérogatives constitutionnelles ». D’autres formations politiques à l’instar de Wafa de Taleb Ibrahimi, de l’UDR de Amara Benyounes, et du front démocratique de l’ancien chef du gouvernement Sid Ahmed Ghozali, connaissent le même sort et n’ont jamais pu dépasser le seuil embryonnaire faute d’agrément.

Pourtant, cette situation est loin d’être favorable au processus démocratique terni par un quotidien déplorable fait de corruption, de luttes intestines et de règlement de comptes aux plus hautes sphères du pouvoir. L’hibernation de la classe politique denoncée ça et là par la rue qui accuse ses représentants de profiter de previleges en tournant le dos aux attentes populaires. A son tour, le sociologue Lahouari Addi, met son grain de sel en décortiquant la situation politique qui prévaut en Algérie et s’interroge :  » Mais au fait, qu’est-ce qu’un parti politique et à quoi sert-il ?  » Et de répondre que :  » Selon la définition largement admise de la science politique, un parti est une association de citoyens qui se reconnaissent dans les mêmes valeurs relatives à l’organisation de la société et de l’économie.

Ils se réunissent et se structurent au niveau national pour convaincre la majorité de l’électorat de voter pour eux pour former un gouvernement et mener une politique économique et sociale conforme aux valeurs qu’ils défendent. Cela suppose trois éléments constitutifs de la modernité politique.

1. Le peuple est source de pouvoir comme c’est stipulé dans les constitutions des Etats de droit ;

2. La société est traversée de courants idéologiques différents reconnus en tant que tels ;

3. Les représentants élus sont des locataires – et non des propriétaires des lieux du pouvoir – qui se succèdent selon la logique de l’alternance électorale ».

source: Echorouk



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