Issad Rebrab: «Je ne détiens pas le monopole sur le marché du sucre»
Sucre en Algérie – Issad Rebrab, tient à rassurer les consommateurs algériens quant à la disponibilité du sucre. Selon lui, «l’Algérie est à l’abri puisqu’elle dispose d’un stock important qui permettra de répondre à la demande du marché local».
Le patron de Cevital affirme que les prix pratiqués sur le marché national sont encore inférieurs à ceux des cours mondiaux. Les capacités de production des quatre raffineries de Cevital totalisent plus de 2,1 millions de tonnes par an.
Le groupe peut répondre donc à 200% des besoins du marché local. L’excédent de 1 million de tonnes est exporté vers une dizaine de pays de par le monde.
Les prix du sucre ont connu depuis quelques semaines une augmentation assez importante, dépassant les 100 dinars le kilogramme dans certains commerces.
Comment expliquez-vous, en tant qu’opérateur du domaine, cette hausse brusque ? Quelles sont les principales raisons de cette hausse ? Quelle sera aussi son évolution à court terme ?
Le sucre est un produit boursier qui a connu, en début d’année, une hausse vertigineuse sur le marché mondial. C’est une augmentation que nous n’avons pas connue depuis 30 ans. Elle est due essentiellement à un déficit de production au niveau mondial.
L’Inde, qui d’habitude produisait entre 23 et 25 millions de tonnes par an, n’a produit, à cause d’une sécheresse, que 15 millions de tonnes au cours de l’année dernière, alors que sa consommation est de 23 millions de tonnes.
Ce pays, qui d’habitude est exportateur de 3 millions de tonnes par an, a dû importer, cette année, 6 millions de tonnes.
D’autre part, les grandes pluies qui se sont abattues sur le Brésil ont empêché les paysans de couper la canne à sucre. Certains pays ont connu une pénurie de sucre ces derniers mois.
Ce n’est pas le cas pour l’Algérie car nous avons pris nos précautions pour nous approvisionner à temps en matière première.
Il n’y aura pas de pénurie en Algérie et les prix que nous avons pratiqués sur le marché national sont inférieurs à ceux des cours mondiaux à certains moments du pic du marché mondial.
Nous avons fait profiter le marché national de nos meilleurs prix d’achat. Nous pensons que les choses reviendront à la normale dès le début de l’année prochaine.
L’Etat envisage de subventionner le prix du sucre pour protéger le pouvoir d’achat du consommateur algérien. Quel est votre point de vue sur cette démarche ? Préconisez-vous une autre politique en la matière ?
Avant d’envisager de supporter une partie de ces produits, l’Etat devrait plutôt penser à réduire ou carrément supprimer la TVA de 17% que subissent certains produits de première nécessité (fruits et légumes, huiles végétales et sucre),
à l’instar d’autres pays voisins tels que la Tunisie, l’Egypte, la Syrie, à 0%, la France à 5,5% et le Maroc à 7%. Pour ma part, c’est le meilleur moyen de protéger le pouvoir d’achat du consommateur algérien.
Si l’Etat se décide à faire baisser ou à supprimer la TVA, quelles seront vos engagements ?
En tant que producteur, Cevital s’engage à répercuter automatiquement cette baisse de 17% sur ses prix de vente. Ce qui profitera en premier lieu au consommateur.
1 million de tonnes de sucre sont exportées par Cevital ; qui sont vos clients ?
Cevital exporte vers plusieurs pays à travers le monde. L’Inde, le Sri lanka, la Jordanie, l’Arabie Saoudite, la Libye, la Grèce, et même vers plusieurs pays européens. Cevital compte également exporter vers la Tunisie et l’Italie.
source: Le temps d’algerie






