L’Algérien Abdelaziz Nadji témoigne: «J’étais torturé à Guantanamo»
Les détenus de Guantanamo sont maltraités. A tel point que certains d’entre eux ont été poussés au suicide, à l’instar d’un Yéménite avec lequel se trouvait Nadji. Avant même d’atterrir à la base américaine, les suspects sont menottés et leurs yeux bandés. Le corps de certains d’entre eux porte les traces de ces supplices. Nadji dit se trouver au Pakistan avec d’être transféré au camp, en compagnie d’un autre de ses compatriotes qui se trouvait dans le pays depuis 15 ans. Sa maison a été prise d’assaut par des militaires américains et des agents secrets pakistanais.
A Peshawar, les interrogatoires ont commencé. Il a tout de suite été accusé d’appartenance à un groupe terroriste. La version de l’ex-détenu insiste sur le fait qu’il avait effectué une omra en Arabie Saoudite où il a fait la connaissance d’une personne qui voulait le recruter pour combattre en Tchétchénie. En prenant auparavant contact avec un Pakistanais.
Il a passé de longues années en détention avant de rentrer chez lui à Batna. Abdelaziz Naji dit qu’il garde encore les séquelles de la prison. Il assimile ce qui lui est arrivé à un enfer. Il raconte que les Américains font subir aux détenus des tortures. L’isolement total et l’enchaînement l’ont épuisé. Intimidations et humiliations sont monnaie courante.
Le tout au nom de la lutte contre le terrorisme. A Guantanamo, il était le prisonnier n°744. A son arrivée, il était déjà affaibli. Le prisonnier libéré de Guantanamo a révélé qu’il a été victime de l’explosion d’une mine. Suite à cet accident, il a été amputé du pied. Pendant qu’il se trouvait au Pakistan, il a rencontré un Irakien, qui s’appelle Mustapha. Lui aussi, lui a conseillé de se rendre à la ville de Peshawar où la vie est moins chère. D’autres Algériens s’y sont mariés.
C’est par l’un d’entre eux qu’il a été ensuite accueilli. Cet Algérien résidait dans cette ville. Il était originaire de Béchar. Deux mois après les événements du 11 septembre 2001, les deux Algériens ont été arrêtés et transférés vers la base militaire américaine en Afghanistan puis à Guantanamo. Il a été remis à la Croix-Rouge internationale avec un Yéménite qui a choisi de se réfugier au Cap-Vert en Afrique. Nadji est arrivé en Algérie le 18 juillet. Les services de sécurité l’ont interrogé, dit-il, avant d’être remis au procureur de la République. Un juge lui a ensuite signifié qu’il était libre après 8 ans de détention.
source: Lexpression






