Obama et l’Islam: Les voeux pieux et la réalité
Obama et l’Islam – Les espoirs soulevés par la nouvelle approche de l´administration Obama à l´égard des musulmans ont cédé la place à la frustration en raison de l´enlisement du processus de paix au Proche-Orient, ont estimé hier des participants au Forum Islam/États-Unis. «L´optimisme et l´espoir» provoqués par ce discours au Proche-Orient, prononcé au Caire, ont «commencé à s´amenuiser», a estimé l´universitaire américain d´origine arabe Shibley Telhami, lors d´une table ronde organisée dans le cadre de ce forum à Doha.
On sait que les États-Unis accueillent un grand nombre de religions. Le premier article d´amendement de la Constitution des États-Unis déclare: «Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l´établissement ou interdise le libre exercice d´une religion.» Ce langage juridique affirme deux vérités profondes inscrites dans les principes fondamentaux de la nation américaine: d´abord, que l´État n´établit ni ne favorise ni n´approuve aucune religion particulière; ensuite, que tout citoyen est libre de pratiquer la religion de son choix.
On compte, est-il décrit dans l´Encyclopédie Wikipédia 1 209 mosquées aux États-Unis, dont plus de la moitié ont été créées au cours des vingt-cinq dernières années. Les Américains musulmans ont leur chaîne de télévision (Bridges TV), fondée en 2004 à Buffalo, dans l´État de New York. Depuis les attentats du World Trade Center en 2001, certains Américains musulmans se sentent mis au ban de la société.
Petit rappel de l’Islam aux Etats-Unis
Cependant, il faut bien en convenir, la liberté du culte est un exemple. Ainsi l´on constate ces dernières années qu´un nouvel Islam est en train de se mettre en place depuis quelques années. Ainsi, pour la première fois, un prêche est fait par une femme à New York.
Ecoutons Malika Zegdal, chercheuse: «Pour la première fois à New York vendredi, une prière mixte va être dirigée par une femme musulmane. Amina Wadud, cette musulmane américaine qui fait scandale en prêchant à New York. Elle a été la première femme à diriger le sermon introductif (khutbah) dans une mosquée, en l´occurrence la mosquée du Cap, en Afrique du Sud (Claremont Mosque), en avril 1994.
Elle a aussi soulevé une controverse aux États-Unis en dirigeant la prière du vendredi (la salat) de plus de cent musulman-e-s le 18 mars 2005, rompant la tradition selon laquelle les imams, dirigeant les prières, devaient nécessairement être masculins. Elle est spécialiste de la question de la femme dans le Coran et veut relire la religion musulmane de l´intérieur. Elle remet en cause l´Islam patriarcal, se dit totalement opposée à la lapidation et à la polygamie. Contre l´interprétation littérale, elle justifie cette position en affirmant que le Coran est un texte historique et qu´elle vit l´esprit de l´Islam dans l´histoire. Si elle prône l´égalité absolue entre hommes et femmes, sa démarche est très individualiste, elle ne prétend parler qu´en son nom.
Elle appartient au nouvel Islam réformé qui est en train de naître aux Etats-Unis depuis deux ou trois ans et qui n´a d´équivalent nulle part ailleurs. Cet Islam américain réformiste se trouve partout aux Etats-Unis, mais c´est un courant très éclaté en multiples groupes, qui communiquent et débattent grâce à de nombreux sites Web. Ses représentants sont des jeunes de la nouvelle génération, nés aux Etats-Unis, élevés dans la religion mais qui refusent de la pratiquer comme leurs parents.
Parmi eux, on trouve des étudiants, des journalistes, des femmes qui ne portent pas le voile mais se définissent comme très pieuses, d´autres qui portent le hidjab. Et aussi des Noirs américains, car ce mouvement tente de dépasser le clivage qui reste fort entre « Black Muslims » (40% des 5 à 6 millions de musulmans qui vivent sur le sol américain) et musulmans d´origine indo-pakistanaise ou arabe.»
source: Lexpression
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